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Biologie du homard

Classification du homard

Règne: Animilia
Phylum: Arthropode
Classe: Crustacé
Ordre: Décapodes
Famille: Néphropides
Genre: Homarus
Espèce: Americanus

Depuis les années 1700, les scientifiques ont tenté de regrouper tous les êtres vivants en groupes pour établir une hiérarchie appelée nomenclature. Le homard de l’Atlantique que nous récoltons sur la côte est du Canada et dans certaines régions des É.-U. est scientifiquement désigné Homarus americanus issu de son nom binominal constitué par le genre et l’espèce. Homarus americanus est connu sous plusieurs noms, notamment homard de l’Atlantique, homard de l’Atlantique canadien, homard du Nord, homard du Maine, homard d’Amérique et rouge canadien.

Dans la classification zoologique, la hiérarchie des animaux est divisée en deux groupes principaux : Les vertébrés, qui comprennent les animaux à colonne vertébrale et les invertébrés qui sont les animaux sans colonne vertébrale (les homards sont des invertébrés). Les homards font partie du phylum Arthropode qui englobe le plus gros groupe d’invertébrés comprenant les crevettes, les insectes crabes, les araignées, et diverses autres créatures avec appendices articulés et exosquelettes.

La classe Crustacée se réfère aux animaux qui ont une carapace extérieure flexible et se distingue des autres animaux à carapace dure comme les huîtres, les palourdes et les moules.

Les homards, les crabes et les crevettes appartiennent à l’ordre Décapodes (du grec deca, dix) et, comme le nom le suggère, ils ont cinq paires de pattes. Les décapodes à longue queue comme les homards se subdivisent en un sous-ordre appelé Macrura Reptantia et se distinguent du crabe qui a une queue courte repliée sous son corps. Les deux familles de homards commercialement importantes en Amérique du Nord se divisent en deux infra-ordres distincts. Le Homarus Americanus appartient aux Astacidae tandis que la langouste appartient aux Palinuridae. Le homard de l’Atlantique se distingue des autres homards par les pinces qu’il a sur ses trois premières paires de pattes, dont la première porte les plus grosses pinces.

Anatomie du homard

Si on coupait un homard de l’Atlantique en deux sur la longueur, on pourrait constater que les deux moitiés sont identiques (sauf pour les pinces avant). Cette caractéristique est commune à tous les Arthropodes et on la qualifie de bilatéralement symétrique. Le corps d’un homard de l’Atlantique est essentiellement composé de deux parties nommées le céphalothorax et l’abdomen. Le céphalothorax, un genre de bouclier, se compose du céphalon (tête) et du thorax (section centrale) qui sont fusionnés ensemble. Ce qui est communément appelé la queue est en fait l’abdomen. Cependant, du point de vue du marketing, le mot abdomen manque de charme comparativement à la très populaire « queue de homard ». Le céphalothorax se compose de 14 segments fusionnés (somite) portant chacun une paire d’appendices. Ces appendices incluent les yeux, les antennes antérieures, les antennes postérieures, les pièces buccales et les pattes thoraciques ambulatoires.

Les homards ont des yeux composés. Ils sont situés au bout de pédoncules mobiles (rostres) sur le premier segment. Les homards n’ont pas la capacité de distinguer autre chose que des formes rudimentaires ainsi que différents niveaux d’intensité de la lumière. Ils se fient principalement sur leurs yeux pour détecter les mouvements.

Les antennes antérieures et les antennes postérieures servent d’organe sensoriel et sont situées sur le second et le troisième segments respectivement. Les antennes antérieures sont très sensibles chimiquement et peuvent détecter de très petites quantités d’aminoacides (qui se trouvent dans les tissus animaux). Les antennes postérieures sont des récepteurs tactiles et servent au toucher, aux mouvements et même à l’ouïe.

L’appareil buccal du homard de l’Atlantique est très complexe et se trouve sur les six segments suivant les antennes postérieures (4-9). Les pièces buccales effectuent une variété de fonctions allant de la saisie et du passage de la nourriture à son broyage pour la digérer. Avec les pattes, les pièces buccales contiennent les organes gustatifs.

Dans les cinq derniers segments du céphalothorax, on retrouve les pattes du homard. La première paire porte les grosses pinces qui font la renommée du homard de l’Atlantique. Les pinces avant du homard varient en forme et en grosseur l’aidant ainsi à couper et à écraser sa nourriture. La plus grosse pince est appelée pince broyeuse tandis que l’autre se nomme pince coupante. Les deux paires de pattes suivantes portent des pinces coupantes plus petites au bout et servent à agripper la nourriture et à la passer à l’appareil buccal. Les deux dernières paires de pattes sont adaptées pour marcher et se nettoyer et elles sont dotées d’extrémités pointues.

L’abdomen se compose de six segments et, contrairement à ceux du céphalothorax, ils ne sont pas fusionnés. Chaque segment a une paire de pattes natatoires (pléopodes) sauf le dernier qui est muni d’un éventail caudal. L’éventail caudal est en fait composé de cinq parties qui incluent le telson central et des pléopodes modifiés sur chaque côté (uropodes). Chez le homard mâle, les deux premières paires de pléopodes sont adaptées pour le transfert du sperme. Chez la femelle, les quatre derniers pléopodes ont des poils plus longs (flagelles) que ceux du mâle et servent à fixer les œufs.

La physiologie du homard

Le homard de l’Atlantique possède les mêmes principaux systèmes physiologiques que les autres animaux, notamment un appareil digestif, un appareil circulatoire, un appareil génital, un système nerveux, un système excréteur, une musculature et un appareil respiratoire.

Le homard ne possède pas de cerveau centralisé comme c’est le cas chez la plupart des autres animaux. Il est plutôt doté d’un système nerveux bilatéralement symétrique qui consiste en un ganglion (groupes de nerfs) par segment. Ces ganglions sont joints ensemble par la moelle épinière ventrale et ils effectuent différentes fonctions du corps. Étonnamment, si les connexions entre les ganglions sont coupées, le homard continue d’agir de manière apparemment normale.

L’industrie de la pêche au homard s’intéresse particulièrement à la reproduction chez les homards, car une bonne compréhension de ce mécanisme est nécessaire pour incorporer des pratiques de gestion durables. Le homard de l’Atlantique mâle s’accouple en général avec la femelle peu de temps après que celle-ci a perdu son vieil exosquelette (dans les 20 à 40 minutes qui suivent), normalement en été. En général, les mâles sont plus courts (longueur de carapace de 40 à 45 mm) que les femelles (90 mm) à la maturité. Les petits mâles ne réussissent habituellement pas à s’accoupler avec des femelles plus grosses qu’eux. Bien que les mâles puissent produire des spermatozoïdes lorsque leur carapace mesure 45 mm de long, ils ne peuvent cependant s’accoupler que lorsqu’ils sont au moins aussi gros que les plus petites femelles adultes.

Les ovaires des homards femelles sont situés dans le céphalothorax. Les deux trompes de Fallope sortent sous le cœur et se rendent jusqu’à la base de la troisième paire de pattes thoraciques. C’est là que les trompes entrent en contact avec le réceptacle séminal où le mâle dépose son spermatophore. Le mâle tient la femelle au fond de l’océan, puis il la monte et insère sa première paire de pléopodes modifiés dans le réceptacle séminal de la femelle. Après avoir déposé son spermatophore, le mâle recouvre le réceptacle de la femelle d’une substance gélatineuse. Il peut s’écouler jusqu’à 15 mois après l’accouplement avant que la femelle ne produise des œufs. Ils sont alors fertilisés et s’attachent à ses pléopodes. Une femelle qui porte des œufs est dite « grainée » et les œufs peuvent demeurer là de 10 à 11 mois avant que les larves n’éclosent.

La mue

Étant donné que la carapace d’un homard n’est pas extensible, la mue est essentielle à sa croissance. Pendant sa première année, un homard pourra muer jusqu’à dix fois. À mesure qu’il vieillit, le homard mue moins souvent. Lorsqu’il atteint une certaine taille, il peut se passer plusieurs années avant qu’il ne change de carapace. Il faut environ six ans pour qu’un homard atteigne un poids d’environ 500 g (1 lb).

En prévision de la mue, un nouvel exosquelette commence à se former sous l’ancien. Les minéraux et le sang du vieil exosquelette sont éliminés, ce qui fait rétrécir la carapace. Quand un homard n’est plus qu’à quelques jours de la mue, son exosquelette est très mou et il est bleuté. Le homard absorbe alors une grande quantité d’eau, ce qui fait enfler l’exosquelette et exerce une pression sur la vieille carapace. Le homard se couche alors sur le côté et arque son corps qui prend la forme d’un V. Sur une période de plusieurs heures, le homard extirpera ses membres de la vieille carapace. Les minéraux absorbés passent dans le sang et le liquide lymphatique, puis ils se redéposent dans la nouvelle carapace molle. Il faut plusieurs mois pour que la nouvelle carapace durcisse complètement.

Habitat du homard

On retrouve Homarus Americanus dans l’Atlantique du Nord depuis le Labrador jusqu’en Caroline du Nord. Il vit surtout dans la zone infralittorale, depuis l’espace intertidal jusqu’à des profondeurs de 480 mètres. La plupart des homards vivent dans quatre à cinquante mètres d’eau dans des aires rocheuses où ils peuvent se cacher dans des crevasses pour se protéger. Les larves de homard deviennent planctoniques pendant les cinq à six premières semaines de leur existence et elles vivent dans la colonne d’eau près de la surface. C’est là que les jeunes homards sont les plus susceptibles d’être dévorés par des prédateurs. On estime qu’aussi peu que 1/10e d’un pourcent survit passé ce stade. Au stade cinq, les homards coulent vers le fond de l’eau où il passeront le reste de leur vie. Bien qu’il bouge surtout en marchant (utilisant sa queue pour se propulser rapidement), le homard de l’Atlantique peut migrer sur une distance allant jusqu’à 15 kilomètres.

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